OLD SKULL - B-Gnet

 

 

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Cher blog, l'image au dessus vient du blog de B-Gnet. C'est la très jolie couv dépliée (+2 rabats) de son album Old Skull paru chez 6 pieds sous terre que m'a refilé pas plus tard qu'hier un ami à qui je disais que j'aimais beaucoup les pages Santiago du même B-Gnet dans la revue Mauvais Esprit (voir un précédent message),  et dont je colle un extrait juste au dessous.

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Santiago: des petites scénettes autour d'une bande de desperados tocards, de une ou deux pages, étonnamment dessinées et drôles, qui restent du vrai western. D'ailleurs, y'a un truc ou c'est moi,  j'ai l'impression que la bd western revient à toute bombe (alors que bon, par exemple, qui regarde encore des westerns aujourd'hui? Petit, moi, j'en voyais au moins un ou deux par semaine à la télévision. Je crois bien qu'Iban, 6 ans, un fils à moi, n'en a pas encore vu un seul. Les 3 autres, bien plus grands, ont du se cogner quelques classiques genre Le bon, la brute et le truand et Little Big Man, se sont déplacés pour True Grit et Django, mais je ne vois pas bien de quel stratagème je pourrais user pour les faire asseoir et qu'on regarde ensemble, au pif, Les cowboys, Shenandoah, Fureur Apache, La vallée de la poudre, La dernière caravane, Nevada Smith etc... Moi, à 6,7 ou 8 ans, avec mon meilleur ami et voisin Thierry, qui me prêtait régulièrement sa réplique de la winchester à canon scié de Steve McQueen dans Au nom de la loi (un vrai ami, c'est ça), on voulait monter un ranch de chevals. D'abord un cheval, puis une jument, qui nous feraient des poulains, ce qui nous laissait quelques années pour apprendre à monter et mener le troupeau quelque part sur les causses ou les cévennes, des endroits que j'avais repéré en vacances qui faisaient quand même super western. Comme on avait des petits moyens, on s'était dans un premier temps intelligemment rabattu sur le plan : d'abord un poney, puis une ponette, etc. On s'était même rencardé sur les prix auprès du clown d'un cirque installé en ville, dont la ménagerie possédait de remarquables specimens de ces mustangs miniatures à côté d'un chameau et d'une paire de lamas. On mettait vraiment notre argent de poche de côté pour ça. Le premier qui craquait pour des bonbecs était un pied tendre). (Bon).  

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Toutes ces nouvelles bd western que je découvre avec retard (Texas Cowboys de Trondheim & Bonhomme, Lincoln de la Jouvray Cie, Gus de Blain, Junk de Brüno et Pothier, Hiram Lowatt & Placido de Blain et David B., et d'autres, même hors "nouvelle bd" comme L'homme qui n'aimait pas les armes à feu, Lupano & Salomone)  ont toutes pour point commun la prise de distance par rapport au modèle, le second degré ou la parodie et l'utilisation du mythe plutôt que son récit. Un genre d'hommage plus ou moins marqué, un hommage au cinéma d'ailleurs plus qu'aux anciennes séries bd. Ca se mord quand même un peu la queue, on a sans doute veilli. On retrouve la même chose au cinéma, qui, IMHO, dans le genre western n'a pas inventé grand chose depuis Missouri Breaks et Josey Wales (les deux en 76),  l'humour en moins. Je ne suis pas bien sûr qu'on puisse apprécier True Grit ou Appaloosa sans avoir déjà passé une bonne partie de ses mardi soirs et dimanche après midi à visionner les prédécesseurs. Il n'y a qu'à voir (ou pas) le Blueberry de Jan Kounen, film qui n'assume en rien le genre western, transformé qu'il est en délire psychédelo-shamanique (que même Jodorowsky il aurait pas osé). Giraud, même, dans ses derniers scénarios (disons, après Geronimo l'Apache, ou plus tôt, après Mister Blueberry), semble abandonner le combat et jouait à celui qui raconte un western plutôt qu'en raconter tout court. Tout ça n'est peut être pas plus mal. Peut-être que le western au premier degré est un genre mort. Un truc qu'on ne peut plus assumer sérieusement. Ca me fait quand même un tout petit peu mal au cul, je suis super vieux.

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Pour en revenir à Old Skull... Ses pages sont, dit-on, parues d'abord par deux ou trois ou quatre dans le magazine Psikopat (que je savais même pas que ça existait encore). Des petits récits surréalistes et indépendants dont les fils et les personnages se croisent et se décroisent, une construction libre et sans temps mort pour arriver finalement à un récit complet pas si bordélique de 50 pages. On suit un trappeur solitaire moitié maboul et alcoolique, deux aventuriers dont un bras cassé sur la piste de Big Foot, un serial killer toujours amoureux de sa femme décapitée, le fantôme de celle-ci dont le trappeur tombe amoureux, qu'elle charge de sa vengeance, un orphelin rescapé d'une razzia indienne... On pense parfois à Goosens ou Larcenet et même à Glen Baxter. C'est vraiment très drôle et poétique (sans faire dans la dentelle non plus) (je vais arrêter avec, les références, parce que je deviens super lourd là, mais ça me rappelle un peu Kaamelot). Un vrai hommage déjanté au western (jusque dans le titre), et un vrai western, de ceux qui parlent des pauvres diables  paumés sur la frontière et de liberté, avec quelques très belles planches. A lire. Bien que je me demande si ça fera le même effet qu'à moi, à ceux qui n'ont pas rêvé la nuit, petit, de Jeremiah Johnson ou Josey Wales (nous y revoilà). 

Blogo my friendo, on va se procurer dare dare le reste de la production de B-Gnet. Encore un super bon que je ne connaissais pas.  J'aimerais vraiment bien le voir sur un récit plus long, plus dense (là ça se lit en quelques 20 minutes), sur une bd moins en glissade. Ca devrait faire un truc super chouette.

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Posté par olivier921 à 13:54 - Commentaires [7] - Permalien [#]
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Commentaires sur OLD SKULL - B-Gnet

    Bon, tu m'as donné envie.
    Le western d'antan est dur à regarder: ses valeurs sont datées (madame aux fourneaux et monsieur à cheval) et ses ambiguités apparentes (pourquoi les Indiens ne ressemblent pas à des Indiens et qu'ils sont toujours méchants ?). On peut d'ailleurs le rapprocher du cinéma de propagande dans son approche de l'Histoire de l'Ouest. Mais ses décors, les fantasmes de liberté et d'individualité qu'ils portent sont toujours fascinants. Paradoxalement, il y a beaucoup plus de westerns français que de US en BD. Mais je n'ai pas vraiment d'explication rationnelle - à part Blueb et Lucky Luke.

    Posté par Li-An, 11 février 2013 à 14:32 | | Répondre
    • C'est pas faux. Mais on a eu quand meme pas mal de westerns classiques qui prenaient le côté des indiens. Le Massacre de Fort Apache, Un homme nommé cheval, La flèche brisée etc etc... Quant au rôle de la femme, c'était juste un peu comme la réalité de l'époque du spectateur. Avant 68, elles la ramenaient quand meme vachement moins, faut dire...

      Posté par olivier921, 11 février 2013 à 14:45 | | Répondre
      • Et attention, hein, Old Skull ça reste quand meme tres parodique et humour (mais c'est tres bien)

        Posté par olivier921, 11 février 2013 à 14:46 | | Répondre
      • Et je ne parle pas des blacks et chinois qui y étaient pourtant. Et des accents ! Tout le monde parle anglais dans les westerns ! Pas de différence entre Allemands, Écossais, Bataves, Français...

        Posté par Li-An, 11 février 2013 à 14:57 | | Répondre
      • oui mais enfin, tu sais, les chinois, moi...
        Quand est ce que tu fais un western? (dans Fantomes Blancs, on y est un petit peu)

        Posté par olivier921, 11 février 2013 à 15:04 | | Répondre
      • Quand je trouve un éditeur preneur - il y a un synopsis de prêt dans les cartons

        Posté par Li-An, 11 février 2013 à 15:09 | | Répondre
  • Je rajoute zut un truc vide pour m'abonner aux commentaires

    Posté par Li-An, 11 février 2013 à 14:33 | | Répondre
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