Vieux démon

Razzia...

J'ai dépensé l'argent des commissions dans 3 librairies différentes. A lire dans la pile, donc :

Les deux carnets de voyage au Cambodge de Simon Hureau (très beaux). Le Dungeon Quest t.1 de Joe Daly (ça a l'air tout bizarre). Louis Riel de Chester Brown (un pave de 300 pages dessiné petit qui a l'air très chouette). Commando Colonial 1, 2 et 3 de Brüno et Appollo. Biotope 1 et 2, des mêmes. Désœuvré, Trondheim (ça a l'air achement mieux que les petits riens ). Les amis de Pancho Villa de Léonard Chemineau (les boules, j'avais presque un scénar sur presque Pancho Villa). Les Aventures de Viny K, de Terrier et Berniere (il faut lire son roman Shoot Again). Jim Curious de Matthias Picard (magnifique, en 3D, pour Iban). La maison de pain d'épice du talentueux Cleet Boris (que j'avais paumé, lors de mon dernier déménagement sans doute). Le Boxeur de Kleist. J'ai décidé de relire aussi : tous les Blueberry, dans l'ordre. et tous les Shelton de ma bibliothèque. Avec deux ou trois romans en retard, ça fait du monde.

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BLUE - Pat Grant

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Cher Blog. Craig Thompson a dit: "Blue ravive mon enthousiasme d'antan pour la bande dessinée. Pat Grant est le Mark Twain australien, remplaçant le radeau de Huck par une planche de surf couverte de wax et un pinceau en poil de martre imprégné d'encre. Les grandes thématiques du racisme et de l'immigration se démêlent au cours d'une journée de la vie d'adolescents téméraires dans ce livre qui est un petit joyau parfaitement dépoli par la mer". Carrément. J'ai découvert Blue par hasard dans la file d'attente de la dédicace d'un obscur auteur orléanais au nom exotique à la librairie Super héros. Ca faisait au moins 15 ans que je n'avais pas mis les pieds dans cette librairie, rien n'a bougé, ça faisait tout drôle. J'ouvre donc ce très joli objet édité chez Ankama, format à l'italienne, et je reste tout bonnement scotché. Pat Grant dessine les vagues presque aussi bien que Rick Griffin. C'est beau comme du Crumb. Un graphisme hyper lisible, complexe, des cases pleines de détails sans aucune saturation. Tout en bichro grise et bleue toute en nuance. On navigue entre pleines pages et mini-cases, une mise en page très rythmée inventive et maitrisée. Un graphisme à la fois fluide et hyper léché, très beau, très abouti. Formidab', tout simplement.

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L'histoire est une sorte de road movie paresseux, une journée à Bolton, ville dortoir inventée de la côte est de l'Australie. On suit trois ados à tête d'ampoule (deux garçons une fille), un peu crétins, un peu crados, un peu losers, qui sèchent les cours pour aller surfer. Ils vont finalement suivre une voie ferrée du littoral à la recherche d'un cadavre hyper gore et donc super cool dont leur a parlé un collègue le matin même. Le récit est interrompu plusieurs fois par le narrateur, un des trois ados passé à l'age adulte, dont la vie est résumée sur une très chouette double page de photos souvenirs : le parcours mou d'une espèce de beauf loquedu, redneck à la petite semaine, moitié skin et paumé, employé de mairie aigri à Bolton, incarnation parfaite, on suppose, des hantises déprimées de l'ado qu'il était. Ca rappellera (et c'est clairement dit dans la très intéressante, mais visiblement très mal traduite, postface, qui nous parle aussi et entre autre de l'auteur et de son rapport au comics) le Stand by me de Stephen King. En parallèle, on suivra l'arrivée des étrangers, des aliens bleus et tentaculaires, qui viennent s'échouer sur la plage sur leurs radeaux de bric et de broc, et la réaction des autochtones. Blue parle de plein de choses et de rien en particulier. Ce n'est jamais complaisant ou démonstratif, c'est tout en impressions, sans pathos ni bons sentiments. Ca parle des déprimes poisseuses d'un ado, qui n'a pour tenir debout que les fantasmes de surf, les comics, et quelques potes trop semblables à lui même. Ca parlera à tous ceux qui ont passé des journées de loose totale en séchage de cours, zonage en skate et fumage de joints. Ca parle aussi à plusieurs niveaux du temps qui passe, du changement, de la bêtise etc. C'est un peu déprimant mais pas trop et pas que. Le travail de Grant est surtout enthousiasmant, on découvre un étonnant et grand graphiste, qui travaille en artisan dans sa cabane en bois, quelque part sur une plage du nord de l'Australie en surveillant le swell. Il me fait le même effet qu'un Crumb ou un Shelton (ou un trondheim, ou un Jano,  dans une moindre mesure), il donne une fiévreuse envie d'attraper un crayon et de dessiner, comme si c'était possible et la seule chose raisonnable à faire. "...un petit joyau parfaitement dépoli par la mer."

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Le lundi c'est Glen Baxter

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Als tu blieft

Et pour se remettre tout de suite au carré après la lecture des Souvenirs de l'empire de l'Atome, une page de DirkJan trouvée à l'instant sur Facebook. Ouf. On conseillera aussi dans un autre genre la lecture du blog de l'épatant Terreur Graphique

DirkJan

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SOUVENIRS DE L'EMPIRE DE L'ATOME - Clerisse & Smolderen

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Bloggo my friendo.  Quelques lignes vite fait un peu sous le choc. Je me méfiais de cet album visiblement trop beau et trop bien fait avec ses airs à plaire aux gardiens du bon gout et de l'intelligence des Inrocks, de Télérama ou d'ailleurs. Mais pour faire court : sur cette terre marchent des géants super classes, ils se nomment Clerisse et Smolderen. Ce livre est un ovni édifiant, une somme de talent, d'intelligence, de travail et de connaissance brillante et sans clinquant (aucun). Durant mes deux, bientôt trois, lectures, j’ai tenté de retrouver dans le petit dépot opaque et bordélique de ma culture d’autodidacte sans talents, une partie de toutes les références de l'univers condensé dans ces 150 pages. Il y a Kandinsky, Klee, miro. Bon. Chez les designers, au premier plan, Eames et Loewy, bien sûr. Erno Goldfinger et aussi toute l'architecture Bauhaus. Buck Rodgers, Flash Gordon, H.G.Wells et Burroughs, facile,  une science fiction profondément ancrée dans le passé de l'humanité. Van Vogt et Cordwainer Smith, évidemment. Franquin fait son caméo, on me souffle que Greg n’est pas loin, on reconnait Zorglub, trop fastoche, et l’ancêtre de la Zorgmobile. Les cousines de la Turbotraction aussi, mais on s'approche là, peut-être, d'un effet de boucle. Les origines, ou pas loin, du style atome en direct de Marcinelle, donc. Du Hitchcock tendance La mort aux trousses et sans doute un bon paquet d’autres films qu'on a du voir, avec des gary Grant, Richard Burton, Liz taylor, tout en cravates et robes Dior.  Etc... Si j’en suis réduit, moi, pour faire le malin, à lister les éléments  d'un catalogue de références (et j'en rate certainement tout un tas), Souvenirs de l'empire de l'Atome fait tout l’inverse. Il ne s’agit pas d'une collection de clins d’œil et de citations, encore moins d'effets de style ou d'étalage démonstratif. Non. Ces références sont des parts constituantes du récit et de son univers,  son illustration naturelle, la traduction en éléments concrets de ce qui est raconté, sans aucune esbrouffe. Brillant et sans clinquant (donc).

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Le livre est magnifique (je le dis tout platement). Le dessin de Clerisse rappelle les grands classiques des cartoonists 50's, les pochettes de disques de Jim Flora, les bouquins pour enfants de Sasek ou d'Alain Grée dont j'avais hérité de mes cousins bien plus vieux, parfois même du Chuck Jones, sans n'être jamais, là encore, un hommage ou une copie de style virtuose. Il s'agit là d'une proposition de définition graphique, d'une synthèse stylistique d'une époque par un artiste génial. La mise en page est dynamique et inventive, les pages de garde sont de véritables petites œuvres d'art et de typographie. Le style n'est pas monolithique, évolue selon ce qu'il raconte. Clerisse joue avec des blocs de couleurs extra-terrestres, aux formes quasi- abstraites, façon découpage, les décalages et l'absence du trait donnent parfois des impressions de relief étonnantes. Quel boulot.... Et la production Dargaud est impeccable.

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L’histoire nous mène de 1950 à 1960 dans le désordre,  par étape et en zigzags, et jusqu’à 121 000 ans plus tard (« environ »), une série de flashbacks et de retours dans le futur, comme autant de modules reliés les uns aux autres et formant des boucles qu'on pourrait lire dans le désordre. Un récit en forme d'Atomium en somme.  Il s'inspire de la véridique histoire de Kirk Allen/Cordwainer Smith. Le personnage principal est Paul, employé du Pentagone, dont les supérieurs effarés découvrent tout à trac, qu'il prétend jouir d'une vue imprenable et en direct sur l'avenir de l'humanité. Et ce, depuis son enfance, à travers ses lectures des pulps de science fiction et sa relation télépathique avec Zarth Arn, héros emblématique de l'empire des étoiles. Avenir qu'il retranscrit obsessionnellement,  cartes, récits, arbres généalogiques, dans ses nombreux carnets. Paul est envoyé dare dare chez un bon psy. Il fera plus tard la rencontre de l'infame Zelbub, wannabe maître du monde avide des possibilités offertes par cette connaissance probable des technologies du futur. Rebondissements et suspense à tous les étages digne d'un Hitchcok sous amphets, un récit haletant et sans temps mort.

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"Une force d'un genre nouveau prenait forme.../...un autre genre d'intelligence était en train de passer aux commandes.../...de nouveaux concepts.... des armes inouies... moteurs, réacteurs et fusées...les créations de l'époque, la magie du futur!"Au delà de l'histoire de Paul, Souvenirs de l'empire de l'Atome nous raconte la notre, celle en tout cas d'une partie de l'humanité d'après la seconde guerre mondiale. Celle de l'époque où le quasi-putsch technologique et l'intrusion du modernisme dans le quotidien, promettaient l'arrivée rapide d'une ère nouvelle, d'un futur enthousiasmant, coloré et ludique. C'est aussi en corollaire l'illustration des peurs de l'accélération à toute blinde vers le futur, de l'incarnation désormais rendue possible de l'ennemi absolu et définitif. Les peurs de la bombe A et de la guerre froide. Tout à la fois l'histoire d'une foi naïve et optimiste dans le progrès matérialiste et la possibilité d'un nouveau jardin d'Eden, et celle d'une peur enfantine de l'inconnu, de l'échec et de la corruption, de la perversion possible d'une nouvelle religion par un nouveau Satan. Les enthousiasmes et les peurs des début de l'ère atomiques. C'est encore, et ce n'est pas rien, le panorama d'une certaine science fiction et un point exhaustif sur la période sans doute la plus marquante du design du XXème siècle. Une somme. En 150 pages de vraie bd, un condensé de la pensée esthétique et philosophique des années 50 et + dans le monde occidental. Bloggo, tu vois, je suis tout chamboulé, sous le choc.  Je vais pour me remettre d'aplomb, relire de ce pas un ou deux Blueberry et quelques vieux Shelton. Sur cette terre marchent des géants super classes. Ils se nomment Clerisse et Smolderen. 

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Moebius et la planète bleue

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Bloggo, voilà une image de Moeb que je n'avais jamais vue, couverture d'une compil éditée par l'émission de radiophonie parlante La Planète Bleue (excellente émission blabla-musicale paraît-il, dont je suis en train de charger les podcasts). Cette image est aussi publiée dans l'exxxxxcellent trimestriel We Demain, c'est d'ailleurs là que je suis tombé dessus. Apparemment, de la palette graphique de A à Z (?). Moeb en a fait une deuxième (mais je la garde pour plus tard). On trouve aussi, pour illustrer ces compils, Bilal (qui fait du Bilal sans trop se casser le cul), Cosey, Leo, et deux autres, que je ne connais pas: Marvano et Malfin.

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Le mercredi c'est Ever Meulen

Couverture de Humo, 1980

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LES STATUES QUI FONT MMMMM - Iban

Iban, 6 ans, qui me voit scanner des trucs et des machins depuis quelques jours, décide de m'aider dans son coin et me dessine, hier, sa toute première bd. "La dernière case", dit-il, "c'est des statues qui font MMMMMMM". C'est super mal dessiné, l'intrigue est faible, le gag inexistant. Je crois que je vais lui foutre une trempe (et planquer Les carottes de Patagonie).

LesArbresQuiMarchent

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Waou, dromadaire bleu

Bloggy mon amour, je viens de découvrir le site de Dromadaire Bleu (pas bien sûr d'avoir compris si le pseudo cachait un ou deux gusses). Tu y trouveras au moins 1 millions d'images fascinantes, avec ce qui ressemble à des "à la manière de" complètement brillants et d'autres trucs complètement originaux. C'est carrément dingo le nombre de petits génies graphiques qu'on trouve sur le net, à vous dégouter d'avoir jamais tenu un crayon de couleurs. Il(s) œuvre(nt) apparemment dans un fanzine titré Bévue qui ne parait plus aujourd'hui, mais dont je vais de ce pas commander quelques anciens numéros.

drom1

drom2

drom3

drom4

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Internet c'est quand même un peu de la daube

Quand on tape "Blueberry" sur Google, la bd n'arrive qu'en troisième page (et après le film, encore). Dingue.

williams

GoogleDeMesDeux

 

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